Il reste 56 planches
dans cette saison
Et une bibliothèque derrière : 9 saisons pour ce seul thème, trois registres, de nouvelles sorties tous les trois jours.
Devenir membreCe chapitre travaille dans une tradition précise, celle que le public japonais appelle bara, et il en retient l'essentiel. Les corps qu'on y regarde ne sont pas ceux de garçons minces : ce sont des hommes faits, larges d'épaules, épais de nuque, dont la masse se lit à l'arrêt autant qu'en mouvement. La pilosité y est traitée comme une qualité et non comme un défaut à effacer, au même titre que la densité du torse ou la grosseur des avant-bras. Ce qui distingue cette tradition de bien d'autres, c'est que la sensualité y passe d'abord par la posture. Un homme qui se tient droit, jambes écartées, mâchoire serrée, en dit déjà beaucoup avant que la moindre main ne bouge. Le premier chapitre de Chain & Flesh s'installe exactement là.
La chaîne, ici, n'est pas encore un instrument : c'est un poids. Posée sur une épaule, enroulée autour d'un poignet, tombant le long d'une cuisse, elle sert avant tout à mesurer la force qui la porte. C'est un vieux ressort de l'imagerie masculine : le métal, froid et inerte, donne l'échelle du corps chaud qui le supporte. Un maillon dit la largeur d'une main, une longueur de chaîne dit la hauteur d'un torse. En registre suggestif, ce contraste suffit, et la tension vient de ce que rien ne se referme.
Ce premier chapitre choisit l'attente plutôt que l'usage, et ce choix change tout le reste. Les chapitres qui suivent un même thème peuvent serrer, contraindre, faire céder. Celui-ci décide de l'immobilité : des hommes qui se regardent, se jaugent, se laissent approcher sans conclure. C'est le moment où le désir est encore entièrement réversible, où chacun pourrait reposer la chaîne et partir. Cette réversibilité est précisément ce qui rend la séquence tendue, et elle disparaît dès qu'on passe aux registres plus durs.
Soixante moins une, soit cinquante-neuf planches, c'est une durée longue pour un chapitre d'ouverture, et cette longueur a une conséquence. Elle permet d'étirer une seule idée sur une progression entière, sans hâte, en revenant sur les mêmes gestes avec un degré de rapprochement supplémentaire à chaque fois. Chain & Flesh appartient à la série Raw, qui rassemble plusieurs thèmes bâtis sur la même franchise de rapport entre hommes dominants. Ce chapitre en est la porte d'entrée.
Ce chapitre s'adresse à qui aime la montée plutôt que l'aboutissement. Si vous cherchez des scènes explicites, des corps juvéniles ou une esthétique lisse et épilée, ce n'est pas ici que vous les trouverez, et autant le savoir tout de suite. Si en revanche vous aimez les hommes mûrs, massifs, velus, et cette seconde très précise où deux volontés égales décident de ne pas encore céder, vous êtes au bon endroit.
Chain & Flesh est une saison d'InkDazzle : de l'art homoérotique engendré planche par planche, puis monté en chapitre qui se lit dans l'ordre. Chaque saison existe en trois registres (suggestif, explicite et anime) : les mêmes hommes, dessinés à l'intensité que tu choisis. Un visiteur lit les premières planches ; un membre lit la saison entière, et tout ce qui a paru avant.
Les planches se lisent dans l'ordre, l'une après l'autre, et le registre se change depuis cette page sans perdre sa place. Une saison qui appartient à une série en porte le nom en haut. C'est le fil à suivre pour que les hommes reviennent.