Il reste 42 planches
dans cette saison
Et une bibliothèque derrière : 9 saisons pour ce seul thème, trois registres, de nouvelles sorties tous les trois jours.
Devenir membreLe deuxième chapitre de Chain & Flesh occupe la place du milieu, celle où la tension ne s'installe plus mais s'accroît. Le thème se déploie en trois saisons. La première pose le principe, la dernière le fait basculer, et celle-ci tient l'entre-deux. C'est le moment où les deux mouvements du thème, se tendre et céder, commencent à se contrarier. Ses 42 planches laissent à cette montée l'espace dont elle a besoin : on n'y saute pas d'un état à l'autre, on s'y enfonce.
La contrainte physique entre hommes est un motif établi du bara, la tradition japonaise consacrée aux hommes mûrs et charpentés. Gengoroh Tagame, l'auteur du genre le plus connu hors du Japon, a construit une large part de son œuvre autour du ligotage et des rapports de force masculins. Chain & Flesh retient du genre ses conventions de fond : des hommes faits plutôt que des jeunes gens, des carrures lourdes, une pilosité tenue pour une qualité, l'effort comme ressort du désir. Il écarte en revanche le cadre du travail, chantier ou atelier, qui sert si souvent de décor au bara. Ici, l'effort ne vient pas d'une charge à porter mais d'un corps qui tire contre le métal.
Le choix de la chaîne, plutôt que de la corde ou du cuir, a une conséquence précise : il oppose le froid au chaud. Le métal est lourd, rigide, indifférent à la chaleur de la peau qu'il enserre, et c'est ce contraste qui fonde tout le thème. La chaîne ne cède jamais. C'est donc au corps de le faire, et tout l'intérêt tient dans le temps qu'il y met. Ce parti pris rejoint une préférence ancienne du genre pour la sensualité de la posture : dans le bara, un corps entravé se lit d'abord à ce qu'il retient, la ligne des épaules, la tension des avant-bras, la répartition du poids, avant de se lire à ce qu'il fait.
Ce chapitre s'adresse à ceux qui viennent au bara pour la figure de l'homme dominant, pour les corps puissants mis à l'épreuve d'une force qui les dépasse, et pour la charge particulière d'un rapport de force entre hommes de même stature. Il parle à qui aime voir la pression s'accumuler et trouve autant d'intensité dans l'instant qui précède l'abandon que dans l'abandon lui-même. Il parle aussi à ceux qui prennent au sérieux la rencontre du métal froid et de la peau brûlante, comme un sujet à part entière. Chain & Flesh fait partie de Raw, une série qui réunit plusieurs thèmes.
Chain & Flesh est une saison d'InkDazzle : de l'art homoérotique engendré planche par planche, puis monté en chapitre qui se lit dans l'ordre. Chaque saison existe en trois registres (suggestif, explicite et anime) : les mêmes hommes, dessinés à l'intensité que tu choisis. Un visiteur lit les premières planches ; un membre lit la saison entière, et tout ce qui a paru avant.
Les planches se lisent dans l'ordre, l'une après l'autre, et le registre se change depuis cette page sans perdre sa place. Une saison qui appartient à une série en porte le nom en haut. C'est le fil à suivre pour que les hommes reviennent.