Crew Only
saison 1
Derrière la porte réservée à l’équipe, les vestiaires retiennent encore la chaleur du service. Des silhouettes puissantes se croisent de près, dans une attente feutrée qui ne dit pas encore son nom.
Il reste 44 planches
dans cette saison
Et une bibliothèque derrière : 3 saisons pour ce seul thème, trois registres, de nouvelles sorties tous les trois jours.
Devenir membreLe vestiaire est l'un des rares décors que l'art masculin adulte a fait sien au point d'en faire une grammaire. Il y a une raison simple à cela : c'est le seul endroit d'un lieu de travail où le corps cesse d'être un outil sans pour autant devenir un objet de séduction. On s'y déshabille pour des motifs pratiques, on s'y frotte les épaules parce que la journée a été longue, on s'y tait parce qu'on est fatigué. Ce chapitre prend ce postulat au sérieux et refuse de le brusquer. La porte marquée réservé au personnel n'ouvre pas sur une scène, elle ouvre sur un moment ordinaire que rien ne distingue des autres, sinon que quelqu'un le regarde.
La tradition que le public japonais appelle bara, et que ses auteurs nomment souvent gei komi, privilégie des hommes mûrs, épais, marqués par l'usage. La pilosité y est une qualité et non un accident, le volume compte plus que la définition, et le désir naît du métier avant de naître du geste. Crew Only retient tout cela et en écarte une chose : la scène de consommation. Ici la sensualité passe entièrement par la posture, la distance entre deux corps dans un couloir étroit, la manière dont un homme reste assis sur un banc une minute de trop. C'est un registre suggestif, tenu du début à la fin, et qui tire sa tension de ce qu'il diffère.
Premier chapitre de la série Locker Room, ces 47 planches ont une fonction d'installation. Elles posent le lieu, la hiérarchie informelle de l'équipe, l'heure à laquelle la chaleur de la journée ne s'est pas encore dissipée des murs. Un premier chapitre ne conclut rien, il apprend au lecteur à reconnaître les visages, les gabarits, les habitudes. Les autres volets du thème montent en intensité ; celui-ci travaille la promesse, qui est un objet différent et plus difficile à tenir sur une durée pareille.
Ce que la longueur permet, c'est la lenteur. Quarante-sept planches pour un seul moment, cela signifie qu'aucune image ne porte le poids de tout, que le regard peut s'attarder sur une nuque ou une ceinture desserrée sans que la séquence se dérègle. C'est le contraire d'une progression pressée. La montée se fait par accumulation, par répétition de petites choses vues sous un angle un peu différent.
Ce chapitre s'adresse à qui aime que l'attente soit le sujet et non l'obstacle. Si vous cherchez des hommes lourds, adultes, saisis dans leur cadre de travail, avec une chaleur qui monte sans jamais se déclarer, vous êtes au bon endroit. Si vous venez pour l'explicite, les registres plus intenses du thème vous serviront mieux, et ils existent pour cette raison précise.
Crew Only est une saison d'InkDazzle : de l'art homoérotique engendré planche par planche, puis monté en chapitre qui se lit dans l'ordre. Chaque saison existe en trois registres (suggestif, explicite et anime) : les mêmes hommes, dessinés à l'intensité que tu choisis. Un visiteur lit les premières planches ; un membre lit la saison entière, et tout ce qui a paru avant.
Les planches se lisent dans l'ordre, l'une après l'autre, et le registre se change depuis cette page sans perdre sa place. Une saison qui appartient à une série en porte le nom en haut. C'est le fil à suivre pour que les hommes reviennent.