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Julien et Romain en salle de rédaction

Journal · 1 octobre 2026

Julien et Romain en salle de rédaction

Dans la salle de rédaction, deux journalistes imposants et alpha se confrontent à une information qui va tout bouleverser entre eux.

« Tu ne publies pas ça. »

La voix de Romain claque dans le silence de la salle, plus nette que le bourdonnement des serveurs derrière la cloison vitrée. Il a posé les deux paumes sur le bureau de Julien, assez près pour que leurs souffles se mêlent. L’écran, entre eux, affiche encore le fil brut : un nom, une heure, une adresse que personne n’aurait dû voir avant l’aube. Le reste de la rédaction est parti. Il ne reste que la lumière froide des moniteurs et l’odeur de café brûlé collée aux chemises.

Julien ne recule pas. Il lève les yeux, lentement, et le regard qu’il accroche à celui de Romain n’a rien d’un refus. Vingt ans de terrain ont taillé le même corps chez l’un et l’autre : épaules larges, cou épais, avant-bras veinés sous les manches retroussées. Romain sent la chaleur qui monte de cette proximité. Il aurait dû parler plus bas. Il n’y arrive pas.

« C’est à moi, dit Julien. J’ai vérifié. Trois sources. Tu le sais. »

« Je sais surtout que si tu balances ça maintenant, on se retrouve tous les deux au milieu du feu. »

Romain se penche encore. Le bois du bureau craque sous son poids. Leurs fronts se frôlent presque. Julien sent l’after-shave, la sueur de la journée, cette tension qui n’a plus rien à voir avec le scoop. Depuis des semaines, chaque dispute se termine trop près. Chaque silence dure trop longtemps. Cette nuit, le prétexte a un nom, mais le vrai sujet est ailleurs, dans la façon dont Romain regarde sa bouche.

Julien se lève. La chaise roule en arrière. Ils sont debout, poitrine contre poitrine, et le bureau n’est plus qu’un obstacle ridicule. Romain ne bouge pas. Il attend. C’est Julien qui pose la main sur sa nuque, doigts durs, pouce contre la peau chaude.

« Tu veux m’empêcher de publier, murmure-t-il, ou tu veux autre chose ? »

La réponse ne vient pas en mots. Romain l’attrape par la chemise, tire, et leurs bouches se prennent avec la brutalité d’un désaccord trop longtemps retenu. Ce n’est pas doux. Les dents cognent, les souffles se cassent, et Julien répond avec la même faim. Il ouvre la bouche, laisse entrer la langue de Romain, et un grognement lui échappe, bas, presque honteux, tout de suite repris. Leurs hanches se heurtent. Sous le tissu, tout est déjà dur, évident, impossible à nier.

Ils se séparent une seconde, le temps de se voir. Les pupilles dilatées, les lèvres humides, les chemises de travers. Romain hoche la tête, une fois, clair. Julien aussi.

« Ici, dit Romain. Maintenant. Personne ne revient avant six heures. »

Julien le pousse contre la cloison de verre. Le choc est sourd. Romain écarte les jambes, l’accueille, et ses mains descendent, ouvrent la ceinture de Julien d’un geste sûr. Le métal cliquette. Julien fait de même, moins patient, et quand sa paume se referme sur Romain, à travers le caleçon puis sans, le souffle de l’autre se brise contre son oreille.

Putain.

Ils se caressent face à face, fronts collés, sans chercher à être élégants. La peau est chaude, tendue, vivante sous les doigts. Julien serre juste assez pour faire trembler les cuisses de Romain, puis relâche, reprend, trouve le rythme que l’autre lui rend coup pour coup. Leurs queues se frottent, lourdes, glissantes déjà de désir. Romain crache dans sa paume, revient, et le contact devient plus franc, plus humide. Julien jure entre ses dents.

Le verre est froid dans le dos de Romain. Devant, tout brûle. Il agrippe les fesses de Julien, les écarte à travers le pantalon baissé, et Julien comprend. Il se retourne à moitié, pose les avant-bras sur le bureau, offre la ligne de son dos, la cambrure de ses reins. Romain s’arrête, la main à plat entre ses omoplates.

« Tu es sûr ? »

« Oui. Vas-y. Je te veux. »

Romain prend le temps qu’il faut. Salive, doigts, pression lente. Julien respire par la bouche, front contre le bois, et pousse en arrière quand c’est assez. L’entrée est large, brûlante, presque trop. Romain s’enfonce par à-coups courts, une main sur la hanche, l’autre sous le ventre de Julien pour le tenir. Quand il est au fond, ils restent immobiles, le temps que les corps s’accordent. Puis Julien bouge le premier.

Le rythme monte vite. Le bureau racle le sol. Les moniteurs tremblent. Romain frappe juste, profond, et chaque coup arrache à Julien un son qu’il ne cherche plus à retenir. La salle déserte renvoie leurs voix, le claquement des peaux, le froissement des chemises encore aux épaules. Romain se penche, bouche contre la nuque, et murmure son prénom comme une menace et une prière.

Julien se touche en même temps, poing serré, synchronisé. La tension de la nuit, le scoop, la peur, tout se concentre là, dans ce va-et-vient qui n’a plus de retenue. Romain accélère. Ses doigts marquent la hanche. Julien sent venir la vague, trop tôt et exactement à l’heure.

« Je vais… »

« Moi aussi. Regarde-moi. »

Julien tourne la tête. Leurs regards se prennent au moment où ça cède. Il jouit dans sa main, long, secoué, tandis que Romain se vide en lui par à-coups rauques, front contre son épaule, le nom de Julien cassé entre deux souffles. Ils restent liés, tremblants, le temps que les pouls redescendent.

Romain se retire avec soin. Il attrape des mouchoirs sur le bureau, essuie, remet de l’ordre sans un mot superflu. Julien se rhabille, les jambes encore molles. Sur l’écran, le curseur clignote à la fin du papier.

Romain pose deux doigts sous son menton, l’oblige à le regarder. Sa voix est basse, mais elle ne tremble plus.

« Tu publies. À six heures. Et après, tu viens chez moi. On n’a pas fini. »

Julien sourit, à peine, et clique sur envoyer.

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