Ironwill
saison 2
La sueur refroidit sur les muscles durs tandis que les athlètes évoluent dans la vapeur du vestiaire. Les regards se croisent au-dessus des bancs et tiennent, sans qu'aucun ne nomme ce qui monte entre eux.
Il reste 48 planches
dans cette saison
Et une bibliothèque derrière : 9 saisons pour ce seul thème, trois registres, de nouvelles sorties tous les trois jours.
Devenir membreLe vestiaire occupe dans l'art masculin une place que peu de décors lui disputent, parce qu'il rend la nudité évidente sans avoir à la justifier. La tradition que le public japonais appelle bara s'est construite sur des hommes faits, larges d'épaules, marqués par l'entraînement ou le métier, et sur l'idée que le corps se mérite. Le vestiaire est l'endroit où ce mérite se dépose : on y arrive vidé, on y défait ce que l'effort a serré. La pilosité, tenue dans ce répertoire pour une qualité et non pour un défaut à corriger, y trouve son cadre naturel, puisque la peau y est vue de près, humide, sans mise en scène. Ce chapitre retient cet héritage sans en retenir la brutalité : l'effort a déjà eu lieu, il n'est plus montré, seulement porté.
Ce deuxième chapitre choisit l'après, et ce choix change tout. La sueur refroidit, la vapeur monte, les gestes ralentissent parce que plus rien ne les commande. C'est un état précis, celui où la discipline qui tenait les corps pendant l'entraînement n'a plus d'objet et ne s'est pas encore dissoute. Le registre suggestif travaille exactement là : il mise sur la posture avant le geste, sur la distance entre deux hommes qui se croisent près des bancs, sur un regard qui dure une seconde de trop. Rien n'est nommé, et c'est la contrainte qui donne sa charge à l'ensemble.
Cinquante-deux planches, c'est long pour une tension qui ne se résout pas, et c'est volontaire. Cette durée autorise la répétition, les variations minimes, le même croisement repris sous un autre angle, une épaule qui passe plus près qu'à la planche précédente. Dans la série Locker Room, ce chapitre est celui qui fait monter : le premier installait le lieu et ses habitudes, celui-ci installe le doute, et il le tient sur toute sa longueur plutôt que de le lever.
Ce que ce chapitre écarte mérite d'être dit aussi clairement que ce qu'il garde. Pas d'adolescents, pas de corps lisses, pas de tendresse déclarée : les deux hommes restent dans le registre de la retenue, et la retenue est ici un choix esthétique, pas une pudeur. L'intensité passe par ce qui ne se fait pas encore, par l'air du vestiaire qui s'alourdit, par la conscience aiguë qu'ont deux corps de leur proximité.
Ce chapitre s'adresse à un lecteur adulte qui préfère l'attente à l'aboutissement. Si vous cherchez l'explicite, les autres registres du thème Ironwill vont plus loin et le disent ; celui-ci vit de sa promesse. Il est fait pour ceux que la vapeur, les bancs, les hommes mûrs et charpentés intéressent autant que ce qui pourrait arriver ensuite.
Ironwill est une saison d'InkDazzle : de l'art homoérotique engendré planche par planche, puis monté en chapitre qui se lit dans l'ordre. Chaque saison existe en trois registres (suggestif, explicite et anime) : les mêmes hommes, dessinés à l'intensité que tu choisis. Un visiteur lit les premières planches ; un membre lit la saison entière, et tout ce qui a paru avant.
Les planches se lisent dans l'ordre, l'une après l'autre, et le registre se change depuis cette page sans perdre sa place. Une saison qui appartient à une série en porte le nom en haut. C'est le fil à suivre pour que les hommes reviennent.