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Brut

Motel Men 80
saison 2

Les machines à glace restent vides, les cloisons tremblent à peine. Entre les chambres du motel, la présence d'hommes puissants et agités charge l'air d'une chaleur directe, sans masque.

38 planches9 saisons
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Saisons
1·2·3

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Et une bibliothèque derrière : 9 saisons pour ce seul thème, trois registres, de nouvelles sorties tous les trois jours.

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Motel Men 80 fait d'un motel des années quatre-vingt, au bord d'une route oubliée, le lieu où la chaleur passe d'une chambre à l'autre. Un motel est fait pour qu'on y passe, et c'est ce passage qui compte. Des inconnus dorment à une cloison les uns des autres, et des cloisons aussi minces changent la proximité en contact avant que quiconque ait bougé. Le néon colore la nuit, la fumée de cigarette épaissit la lumière. Le décor ne sert pas de fond, il sert de conducteur.

Ce deuxième chapitre compte 38 planches et occupe le milieu du récit, là où la tension ne s'installe plus mais monte. La première saison a posé le motel et ses clients de passage, la troisième fera basculer la nuit. Entre les deux, celle-ci n'a qu'une tâche : charger l'air jusqu'à ce qu'il pèse. Elle le fait avec les mêmes éléments, poussés plus fort. Les machines à glaçons restent vides, les cloisons tremblent à peine, et ce tremblement suffit.

Le thème puise dans la tradition que le public occidental appelle bara, ce courant japonais d'art masculin fait par des hommes, pour des hommes. Le mot vient de Barazoku, revue gay fondée à Tokyo en 1971, et beaucoup d'auteurs japonais lui préfèrent le terme gei komi. Les codes en sont établis : des hommes mûrs et charpentés plutôt que des adolescents, la pilosité tenue pour une qualité, le travail et l'effort comme moteurs, une sensualité qui passe par la posture avant le geste. Motel Men 80 garde la maturité, la puissance, le poids d'un corps qui attend. Il troque le chantier et le vestiaire contre une chambre louée pour la nuit. Ces hommes sont entre deux routes, agités, de passage, et la charge naît de cette suspension plutôt que de la sueur gagnée à l'effort.

Le thème appartient à la série Raw, qui réunit plusieurs thèmes, et l'intensité de ce chapitre ne doit rien à la surprise. Elle vient de l'accumulation : 38 planches d'un même air lourd qui s'alourdit encore, avec des hommes puissants dont la seule présence remplit une chambre qu'ils n'ont fait que louer.

Ce chapitre s'adresse à ceux que retiennent les hommes forts et faits, et les lieux qui font la moitié du travail. Si ce qui vous tient, c'est l'instant d'avant, l'immobilité d'un grand corps sous la lueur d'un néon, le sentiment qu'un mur est tout ce qui reste entre deux hommes qui ne tiennent pas en place, il est construit pour vous, et il continue de monter.

Motel Men 80 est une saison d'InkDazzle : de l'art homoérotique engendré planche par planche, puis monté en chapitre qui se lit dans l'ordre. Chaque saison existe en trois registres (suggestif, explicite et anime) : les mêmes hommes, dessinés à l'intensité que tu choisis. Un visiteur lit les premières planches ; un membre lit la saison entière, et tout ce qui a paru avant.

Les planches se lisent dans l'ordre, l'une après l'autre, et le registre se change depuis cette page sans perdre sa place. Une saison qui appartient à une série en porte le nom en haut. C'est le fil à suivre pour que les hommes reviennent.